Comment vivre dans l’Adoration ?

 

Le fondateur de la Communauté de l’Emmanuel était convaincu de l’importance de la communion entre prêtres et laïcs vivant dans l’adoration, la compassion, et la soif d’évangéliser. Mais qu’est-ce que l’adoration ? Pourquoi adorer ? Comment vivre dans l’adoration ?

Le père Pierre-Olivier Picard, nous invite à le découvrir.

 

 

Jésus dit à la Samaritaine : « Les véritables adorateurs adoreront le Père en Esprit et en Vérité, tels sont en effet les adorateurs que cherchent le Père. » (Jean 4, 23). Toujours les hommes cherchèrent à adorer le divin : par grandeur d'âme, par intérêt, par peur. C’est pourquoi nous trouvons des temples, des cultes partout. Aujourd’hui, Jésus m’apporte deux choses. Comme à la Samaritaine, il me révèle que le Père cherche des adorateurs. L’adoration est une rencontre entre la quête de Dieu et celle de l’homme. Elle se situe d’emblée dans la gratuité réciproque de l’amour. Le Père me cherche. Quelle joie de le savoir ! Il apporte aussi le moyen d’adorer en Esprit et en Vérité puisqu’il me donne l’effusion de l’Esprit et qu’il est, lui-même, la Vérité.


Le moyen de rencontrer Dieu

L’adoration du Saint-Sacrement est sans doute le meilleur moyen de rencontrer Dieu. Je me tiens devant l’hostie consacrée, si possible montrée dans l’ostensoir, devant celui qui est la Vérité en se donnant par amour : « Voici mon corps livré pour vous ». Je peux y relire un passage de la Bible. Ce n’est plus simplement un texte puisque le Messie dont on parle est là, pour moi. Je peux aussi intercéder : présenter les besoins de ceux qui m’entourent. Mais surtout, je viens offrir mon temps : « Offrez vos corps en hostie vivante, sainte et agréable à Dieu » (Romain 12,1). Comment obéir à saint Paul sinon en étant là, simplement, devant celui qui offre son corps pour moi : être ainsi en recherche l’un de l’autre, avoir faim de nous rencontrer, corps devant corps.


S’abandonner, se reposer en Dieu

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Alors que j’imagine souvent que la prière demande des exploits psychologiques, une méthode ou devoir faire des choses, Dieu m’invite d’abord au repos. Il est là. Le long temps où je ne fais rien devant lui me fait comprendre que Dieu seul est le but de ma vie. En sortant d’un temps d’adoration, je peux m’interroger : qu’est-ce que le Père a cherché à faire en moi, de moi ? Et même, s’il ne s’est apparemment rien passé, je demeure en paix. En cherchant à me rencontrer, à me construire dans le plus intime, le Père m’unit à l’Église.
Je ne suis jamais seul.
Le lieu de la liberté intérieure… de notre réponse
Cette prière si personnelle rassemble de plus en plus de chrétiens et elle est au fondement des principaux mouvements missionnaires de notre époque. Pierre Goursat (le fondateur de la Communauté de l’Emmanuel) en a fait l’expérience, au point qu’il se définissait lui-même comme simple « adorateur ».
L’adoration était pour lui le lieu de vérification de la vie charismatique, le lieu d’apprentissage de la liberté intérieure. Elle l’a aussi affermi dans l’amour de l’Église et des prêtres. Il n’est pas étonnant de voir le nombre de vocations issues directement ou non de l’adoration du Saint-Sacrement : comment passer du temps devant le « corps livré » sans demander des prêtres qui puisse le consacrer ? On peut dire que Pierre Goursat a fondé l’Emmanuel en nous conduisant les uns les autres devant le Saint-Sacrement.


Le temps de Dieu…

Dans nos vies tendues, l’adoration se répand de plus en plus au cœur des paroisses, y compris la nuit car beaucoup y trouvent un repos plus bénéfique que le sommeil. On parle aussi d’adoration perpétuelle, lorsque dans un même lieu, une suite continue de personnes se relaie devant le Saint-Sacrement. Et moi ? « J’aimerais bien adorer, mais je n’ai pas le temps »…
Beaucoup le pensent spontanément. Pourtant, celui qui adore sait combien Dieu y unifie sa vie, l’aide à réorganiser son temps et en définitive, lui en fait gagner ! Alors, peut-être suffit-il de le décider… et de commencer ?
 
Extrait de la lettre des prêtres et séminaristes de l’Emmanuel n°36.