Quel est le rapport entre le prêtre et la femme ?
Le Pape Jean-Paul II a clairement posé cette question dans sa lettre aux Prêtres pour le Jeudi Saint 1995 : Cette année je désire vous parler de l'importance de la femme dans la vie du prêtre.
Il voit un double rapport : mère et sœur.
§1. Le rapport premier et fondamental que l'être humain établit avec la femme est justement celui du fils à sa mère.
- Chacun de nous peut exprimer son amour envers sa mère terrestre comme le Fils de Dieu l'a fait et le fait avec la sienne. La mère, c'est la femme à qui nous devons la vie. (…) La génération établit un lien tout particulier, quasi sacré, entre l'être humain et sa mère.
- Après nous avoir engendrés à la vie terrestre, ce sont encore nos parents qui nous ont fait devenir dans le Christ, grâce au Sacrement du Baptême, les fils adoptifs de Dieu. (…)
- Combien parmi nous doivent également à leur mère leur vocation au sacerdoce ! L'expérience enseigne que très souvent c'est la mère qui nourrit dans son cœur durant de longues années le désir de la vocation sacerdotale de son fils et l'obtient en priant avec une confiance insistante et une profonde humilité. Ainsi, sans imposer sa volonté, elle favorise, avec l'efficacité caractéristique de la foi, l'épanouissement de l'aspiration au sacerdoce dans l'âme de son fils, aspiration qui portera son fruit au moment opportun.
§4. Et voici que paraît dans le cours de notre réflexion sur le rapport entre le prêtre et la femme, à côté de la figure de la mère, celle de la sœur. Par la Rédemption, le prêtre participe d'une façon particulière à la relation de fraternité offerte par le Christ à tous les rachetés.
Beaucoup d'entre nous qui sommes prêtres avons des soeurs dans notre famille. En tout cas, chaque prêtre depuis son enfance a eu l'occasion de rencontrer des filles, sinon dans sa propre famille, au moins dans son voisinage, dans les jeux d'enfance ou à l'école. (…) Tout candidat au sacerdoce, lorsqu'il franchit le seuil du séminaire, arrive enrichi de l'expérience de sa famille et de son école, où il a eu l'occasion de rencontrer beaucoup de jeunes gens et de jeunes filles de son âge. Pour vivre dans le célibat d'une façon mûrie et sereine, il semble qu'il soit particulièrement important que le prêtre cultive profondément en lui l'image de la femme comme sœur. (…)
§5. Ainsi donc, la condition de mère et celle de sœur sont les deux dimensions fondamentales du rapport entre la femme et le prêtre. Si ce rapport est établi de manière sereine et responsable, la femme n'éprouvera aucune difficulté particulière dans ses relations avec le prêtre. Elle n'en trouvera pas, par exemple, pour confesser ses fautes dans le sacrement de pénitence. Elle en rencontrera encore moins quand elle entreprendra des activités apostoliques d'ordres divers avec les prêtres. Tout prêtre a donc la grande responsabilité de développer en lui-même une authentique attitude de frère à l'égard de la femme, une attitude qui n'admette pas d'ambiguïté.
Dans cette perspective, l'Apôtre Paul recommande à son disciple Timothée de traiter "les femmes âgées comme des mères et les jeunes comme des soeurs, en toute pureté" (1 Tm 5, 2).
Ce sont de bons conseils aussi pour notre vie en Paroisse et en Communauté, qui nous amène à être en relation avec de nombreuses femmes.













