Comment Dieu appelle ?
« La vocation est un problème pour moi » entend-on. N’est-ce pas plutôt une belle question à se poser ?
Jésus choisit les Douze, il les appelle parmi ses disciples. Leur réponse est libre et concrète : « Ils vinrent à lui. »
Pourquoi eux ? Jésus appelle par amour, et il est bien difficile de déterminer ses critères à en juger par le choix des Douze mais aussi peut-être de certains prêtres que nous connaissons !
Dans l’Évangile, le verbe grec traduit par « instituer » signifie « créer », « faire du neuf ». La nouveauté que Jésus est en train de créer, c’est l’Église dont les Douze seront les fondations. Il institue les Douze pour construire son Église et il continue à le faire aujourd’hui par ceux qui sont ordonnés dans la succession apostolique, les évêques et leurs collaborateurs les prêtres.
Tous appelés à la sainteté !
La vocation est un don et pour l’accueillir il s’agit de le connaître.
Une première spécificité de cet appel au sacerdoce, commune à la vie consacrée dans le célibat, est qu’il trouve sa source dans une initiative de Jésus, comme pour les Douze.
Celui qui est appelé est invité à répondre avant tout à sa vocation à la sainteté. Ce premier choix le dispose à écouter et éventuellement à accueillir une vocation pour une mission spécifique dans l’Église. Devenir prêtre n’est pas un but en soi, mais une modalité sur le chemin de la sainteté.
Il est normal que le désir naturel du mariage demeure chez celui que Dieu appelle au sacerdoce (« L’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu’un » Gn 2, 24). Mais en répondant à cet appel, le jeune décide d’y renoncer librement et par amour du Seigneur pour vivre une « intimité particulière » avec le Christ, un « être avec » le Christ à la manière des apôtres.
Chaque vocation a ses propres exigences de sainteté. Le piège est de comparer les états de vie et d’oublier qu’ils ne sont que des modalités pour se donner « jusqu’à l’extrême » de l’amour au Seigneur pour le service des hommes. Il reste vrai que celui qui ne répond pas au sacerdoce alors que Dieu l’appelle, perd le bénéfice de « l’excellence propre » à cette vocation. Quel dommage pour lui, mais aussi pour l’Église !
L’Église, berceau de la vocation
« Le devoir de cultiver les vocations revient à la communauté chrétienne tout entière, qui s’en acquitte avant tout par une vie pleinement chrétienne. Ce sont principalement les familles et les paroisses qui doivent collaborer à cette tâche : les familles, animées par un esprit de foi, de charité et de piété, devenant une sorte de premier séminaire ; les paroisses offrant aux adolescents eux-mêmes une participation à la fécondité de leur vie. » Notre première responsabilité de chrétien est de devenir des saints afin d’encourager nos proches dans leur vocation. Ainsi Jean Paul II, dans son enfance, a été édifié de voir prier son père la nuit, à genoux, ce fut « comme mon premier séminaire » dit-il. Nous avons la responsabilité d’aider les enfants et les jeunes à devenir libres, par rapport à l’esprit du monde en général, mais aussi devant Dieu. Un jeune homme qui, dans la prière, peut dire au Seigneur « Jésus, est-ce que tu veux de moi comme prêtre ? », dispose d’une belle liberté intérieure pour aimer et s’engager selon la volonté de Dieu. Enfin, soyons vigilants à ne pas critiquer l’Église et ses pasteurs pour ne pas décourager un jeune à donner sa vie au service de l’Église.
Une histoire d’amour
La vocation est donc un don de Dieu non seulement pour l’Église mais aussi pour celui qui est appelé. Être prêtre est une chance, un cadeau que l’on peut souhaiter à chacun de nos amis et de nos enfants. La vocation est une histoire d’amour, un dialogue d’amitié entre Dieu et l’homme. Comme Jésus le disait aux Douze : « Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis. »
P. François Vanandruel, Bruxelles













