Le prêtre, homme de l'Eucharistie

alt

Le prêtre, homme de l’Eucharistie, sacrement de l’amour

 
Le directoire pour la vie et le ministère du prêtre résume bien différents documents montrant que le prêtre est avant tout l’homme de l’Eucharistie.

48. Le mystère eucharistique

Si le service de la Parole est l'élément fondamental du ministère du prêtre, le cœur et le centre vital en est constitué sans aucun doute par l'Eucharistie qui est surtout la présence réelle dans le temps de l'unique et éternel sacrifice du Christ.
Mémorial sacramentel de la mort et de la résurrection du Christ, représentation réelle et efficace de l'unique Sacrifice rédempteur, source et sommet de la vie chrétienne et de toute évangélisation, l'Eucharistie est principe, moyen et fin du ministère sacerdotal, puisque «tous les ministères ecclésiaux et les tâches apostoliques sont étroitement liés à l'Eucharistie et ordonnés à elle». Consacré pour perpétuer le Saint Sacrifice, le prêtre manifeste ainsi de la manière la plus évidente son identité.
En effet, il existe une connexion intime entre la centralité de l'Eucharistie, la charité pastorale et l'unité de vie du prêtre. Dans cette connexion il trouve les indications décisives pour l'itinéraire de sainteté auquel il est spécifiquement appelé.
Puisque le ministre prête au Christ, Prêtre Souverain et Éternel, son intelligence, sa volonté, sa voix et ses mains afin qu'à travers son ministère, Il puisse offrir au Père le sacrifice sacramentel de la rédemption, il devra aussi faire siennes les dispositions du Maître et, comme Lui, vivre comme don pour ses frères. Il devra par conséquent apprendre à s'unir intimement à l'offrande, déposant sur l'autel du sacrifice sa vie entière, comme signe de l'amour gratuit et prévenant de Dieu.

49. Célébration de l'Eucharistie

Il est nécessaire de rappeler la valeur irremplaçable qu'a pour le prêtre la célébration quotidienne de la Messe, même sans le concours des fidèles. Il la vivra comme le moment central de sa journée et de son ministère quotidien, fruit d'un désir sincère et occasion d'une rencontre profonde et efficace avec le Christ. Il mettra le plus grand soin à la célébrer avec piété et à y appliquer son esprit et son cœur.
 
Source : http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cclergy/documents/rc_con_cclergy_doc_31011994_directory_fr.html
CONGRÉGATION POUR LE CLERGÉ, DIRECTOIRE POUR LE MINISTÈRE ET LA VIE DES PRÊTRES

1994,

Téléchargement du Directoire pour le ministère et la vie du prêtre.

 

Pour aller plus loin : Exhortation apostolique "Le sacrement de l’Amour" (2007)

 

 Le Pape Benoît XVI, a rendu public le 13 mars 2007 l’exhortation apostolique « Le sacrement de l’Amour», conclusion du synode des évêques sur l’Eucharistie qui s’était tenu à l’automne 2005. Il donne 3 clefs essentielles.

 

L’Eucharistie, un mystère à croire

 Comme le Pape le fait volontiers quand il parle de l’Eucharistie, il rappelle le lien entre l’institution de l’Eucharistie et la Pâque Juive. C’est sur la base de ce repas festif des Juifs que nous devons comprendre la nouvelle Pâque que Jésus donne dans la Sainte Eucharistie. Dans la forme traditionnelle de ce rituel juif, le Christ a inséré la nouveauté du don de son Corps et de son Sang: au lieu de l’agneau, il se donne lui-même; c’est la nouveauté radicale que Jésus a apportée par rapport à l’ancien rite pascal. Celui-ci « s’est accompli et il est définitivement dépassé à travers l’offrande d’amour du Fils de Dieu incarné. Par son commandement «Faites ceci en mémoire de moi», il nous demande de correspondre à son offrande et de la représenter sacramentellement. » (n°11)
Dans la ligne du Concile Vatican II, toute la finale de cette première partie rappelle combien les sacrements sont liés à l’Eucharistie et ordonnés à elle. Ainsi, par le sacrement qui leur est destiné, les malades peuvent s’associer aux souffrances du Christ offertes dans l’Eucharistie pour le salut de tous (n°22). Puis le Pape réaffirme la profondeur du lien entre le sacrement de l’Ordre et le célibat sacerdotal (n°24). Pour ce qui est de la relation entre l’Eucharistie et le sacrement de mariage, le Saint-Père rappelle que l’Eucharistie est le sacrement qui corrobore pleinement l’unité et l’amour indissolubles du mariage chrétien (n°27-29). L’Eucharistie fortifie d’une manière inépuisable l’unité et l’amour indissoluble du mariage chrétien (n°27). On notera également dans ces paragraphes d’importantes suggestions pastorales concernant les catholiques divorcés et remariés.
 

L’Eucharistie, un mystère à célébrer

Ce qui a retenu le plus l’attention, à juste titre, ce sont les indications concrètes données par Benoît XVI sur «l’art de célébrer» dans le cadre d’une participation intériorisée et son invitation à la sobriété des signes ainsi qu’à la noble simplicité des gestes.
L’idée générale est que la liturgie doit favoriser le sens du sacré en valorisant la beauté des lieux, du mobilier, des gestes (debout, à genoux…) et des chants. Le Pape rappelle l’unité entre la liturgie de la Parole et la liturgie de l’Eucharistie, l’importante valeur éducative de la présentation des dons, du geste de paix. Limiter l’échange de paix avec la personne la plus proche n’enlève rien à la haute valeur du geste (n°49) et de l’envoi en mission. On lira avec profit le paragraphe 55 sur les conditions personnelles pour une participation fructueuse (l’esprit de conversion, le recueillement, le silence…)
et le vif encouragement des paragraphes 66-69 à la pratique de l’adoration eucharistique : « L’adoration Eucharistique n’est rien d’autre que le développement explicite de la célébration eucharistique qui est en elle-même le plus grand acte d’adoration. Recevoir l’Eucharistie signifie se mettre en attitude d’adoration envers celui que nous recevons » … saint Augustin disait : « Que personne ne mange cette chair sans d’abord l’adorer » (N°66).
 

L’Eucharistie, un mystère à vivre

La 3e partie exhorte tous les fidèles à trouver dans le sacrement de l’amour du Christ l’énergie pour transformer leur vie et transformer le monde.
Reprenant les différentes dimensions du dimanche développées par Jean-Paul II dans sa lettre apostolique « Dies Domini », Benoît XVI présente longuement le dimanche comme le jour où le chrétien retrouve la forme eucharistique de son existence (n°72): se faire pain partagé pour les autres et travailler à un monde plus juste et fraternel. L’Eucharistie doit avoir des conséquences sur notre vie non seulement morales mais aussi sociales. «Nous ne pouvons pas garder pour nous l’amour que nous célébrons dans ce sacrement (n°84)». Dans cette logique, comme nous y invite l’envoi à la fin de la messe, l’Eucharistie nous pousse à la mission. «Celui qui ne communique pas la vérité de l’amour à son frère n’a pas encore donné assez» (n°86)
 
P. Jean-Marie Baguenard, prêtre de la Communauté de l’Emmanuel, Diocèse d’Autun, formateur à la maison St François de Sales (Propédeutique) à Paray le Monial.
 
Source : Lettre des amis des prêtres et séminaristes de l’Emmanuel N°25